Cher client, je ne suis pas un robot.

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Humain derrière l'ordinateur
Humain derrière l’ordinateur, par Geralt sur Pixabay.com

« Bonjour. Voir doc en pièce jointe. Prix et délai ? »
Certes, ce message a le mérite d’aller droit au but. Par contre, il n’est pas très constructif. Soyons honnêtes, c’est même plutôt repoussant. Pourtant, c’est le genre de message que je reçois très souvent.
« Cher client, je suis au regret de vous annoncer que je ne suis pas un robot. En l’état, je ne peux pas traduire votre document. Il va falloir m’en dire plus, beaucoup plus… »

Asseyez-vous ici, mains sur la table et lumière dans les yeux. Bien. Maintenant, c’est moi qui pose les questions.

Salle d'interrogatoire
Salle d’interrogatoire

Pourquoi me jetez-vous votre texte au visage, sans plus de cérémonie ?

Je pense et j’espère pour vous que votre projet a plus de valeur à vos yeux que ce message laisse paraître. C’est ce que vous allez devoir me prouver si vous voulez que j’en prenne soin. Si votre intention est de « balancer ça en traduction » et de ne plus vous en préoccuper, pourquoi devrais-je me donner du mal ? À ce niveau d’indifférence, une machine s’en chargerait tout aussi bien (ou tout aussi mal, selon le point de vue).

Nous savons tous les deux que les apparences sont trompeuses : votre texte est très important, car vous faites l’effort d’investir dans sa traduction. Il s’inscrit peut-être dans un projet plus vaste, ou vous le destinez à une personne que vous devez absolument convaincre (un prospect, un client ou un collaborateur, par exemple). Autre possibilité : il contient peut-être les informations dont vous avez besoin pour prendre une décision importante. (À quoi vous engagez-vous en signant ce contrat ? Les résultats de votre futur collaborateur sont-ils aussi bons qu’il le prétend ? Avez-vous enfin trouvé le logiciel qui répond à vos besoins ?) Ce texte à traduire mérite donc tout le respect qui se doit, et cela commence par une présentation un peu plus élaborée que « voir texte en pièce jointe ».

Sommes-nous bien sur la même longueur d’onde ?

Que ce soit pour vanter les mérites de votre produit, pour informer vos employés étrangers, pour obtenir des informations ou pour vous plier à une obligation légale… vos intentions sont claires, mais pour vous seulement. Votre traducteur a besoin de les connaître, car le travail qu’il produira en dépend. Prenons l’exemple d’un manuel de l’utilisateur d’un logiciel. Si ce logiciel est utilisé en interne par vos employés, je n’hésiterai pas à utiliser des abréviations, des acronymes et le jargon de votre entreprise, car vos employés les connaissent. Par contre, s’il s’agit d’une plateforme que vous avez mise à la disposition de vos clients… il vaudrait mieux écrire d’une façon plus claire et plus simple. Plus encore, j’adapterai mes formulations selon que vous vous adressez à des jeunes ou à des personnes âgées.

Êtes-vous sûr que je suis le bon traducteur pour ce projet ?

Il serait dommage de confier votre slogan publicitaire à un traducteur spécialiste du droit. Le résultat pourrait manquer de fraîcheur… Libre à vous également de confier votre rapport financier à un traducteur spécialisé dans la littérature jeunesse. Tant qu’à faire, pourquoi ne pas confier le doublage de votre film destiné au marché français à une équipe québécoise ?

Vous l’aurez compris : ce n’est pas parce qu’une personne se dit « bilingue » ou traductrice qu’elle peut traiter n’importe quel document, sur n’importe quel sujet. Votre ami revenant d’un séjour d’un an au Japon aura beau savoir parler en japonais de la pluie, du beau temps et de son dernier repas, il perdra son sourire si vous tendez un bilan comptable. Quand bien même reviendrait-il d’un stage dans un grand cabinet comptable [Je vous ai vus venir, petits malins !], je vous déconseille de lui proposer de traduire un dossier médical. 😉 Certains traducteurs sont hautement spécialisés dans un petit nombre de domaines, tandis que d’autres se veulent plus généralistes. Dans tous les cas, vous devez discuter avec le traducteur que vous contactez pour vérifier qu’il est capable de traiter votre document. Pour ma part, étant spécialisée dans les énergies, l’environnement et le droit des affaires, j’évite soigneusement tout ce qui touche à la finance et à la médecine.

Explications, par Free-Photos sur Pixabay.com

Et que je ne vous y reprenne plus !

« Je voudrais faire traduire ce diaporama pour présenter mon projet de création d’entreprise devant un jury d’investisseurs, m’auriez-vous dit.
Aille, vous aurais-je répondu, je sens d’ici le paragraphe épineux sur la finance. Permettez-moi de vous recommander un collègue qui s’y connaît mieux que moi ».
Il nous aurait suffi de quelques minutes pour vous trouver le bon traducteur. Vous voyez, si vous aviez parlé dès le début, nous aurions pu éviter ce léger… contretemps. 😉

Nous aurions pu discuter de tout cela tranquillement, au téléphone ou autour d’un café, mais ça, il fallait y penser avant d’envoyer votre message impersonnel ! J’espère que cette expérience vous aura servi de leçon. La prochaine fois, lorsque vous aurez trouvé le traducteur qu’il vous faut (pour cela, vous pouvez consulter cet article : « Où trouver un traducteur de japonais ? »), décrochez votre téléphone ou prenez au moins le temps d’étoffer votre message.

Votre traducteur est à votre écoute : il s’intéresse sincèrement à votre projet et il est prêt à adapter son langage en fonction de vos intentions et de votre public. Plus il en sait, plus il peut vous satisfaire. C’est ce qui fait toute la différence entre lui et une machine. Profitez-en !


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